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Vers une guerre de l’eau en France ?

À la suite de la pénurie de 2019, une commission du développement durable et de l’aménagement du territoire sur la gestion des conflits d’usage en situation de pénurie d’eau a été créée. La gestion de l’eau est un sujet que l’on a plus l’habitude d’entendre en Afrique ou au Moyen-Orient plutôt qu’en Europe. Pourquoi est-ce important de réfléchir dès maintenant à des mesures de gestion de l’eau ?

La sécheresse dans le monde et en France

Chaque pays à sa propre définition de la sécheresse. En France, on considère que l’on est en état de sécheresse absolue lorsqu’aucune goutte de pluie (soit moins de 0,2 mm/jour) n’est tombée pendant 15 jours consécutifs.

Les sécheresses les plus marquantes de ces dernières années concernent les pays qui se situent au niveau des tropiques du cancer et du capricorne. On peut citer le Sahel, la Corne de l’Afrique, le Mexique, le nord-est du Brésil, certaines zones de Chine, d’Inde et de Russie, ainsi que l’Europe du Sud-Est. Seules les zones polaires sont épargnées par ce phénomène du fait qu’elles sont recouvertes de glace.

En France, en 2019, 85 départements de la métropole ont pris des mesures de restrictions d’eau. Cette année, malgré un hiver et un autonome pluvieux, on constate dès le mois de mai des tensions pour cet été. Les régions de l’Est et du Sud de la France sont les plus touchées.

La sécheresse vient d’un manque de pluie entre l’automne et le printemps et des températures élevées. Ces températures entraînent une augmentation naturelle de l’évaporation et de l’évapotranspiration des plantes avec pour conséquences un assèchement et une érosion des sols. Le changement climatique via la hausse des températures accentue la sécheresse, dans le monde et en France.

Comment est redistribuée l’eau en France

La France prélève quelque 37 milliards de mètres cubes d’eau par an sur les 175 milliards de mètres cubes composant la « recharge annuelle » des milieux naturels :

  • 20,8 milliards de mètres cubes d’eau douce sont utilisés dans le domaine de la production énergétique pour le refroidissement des centrales thermiques ou nucléaires, et relâchés dans les rivières ou sous forme de panaches de vapeur.
  • 5,4 milliards de mètres cubes d’eau potable correspondent aux usages domestiques des Français, soit 170 litres d’eau par jour et par usager.
  • 4,7 milliards de mètres cubes pour l’alimentation des canaux.
  • 3,2 milliards de mètres cubes pour l’irrigation de l’agriculture.
  • 2,5 milliards de mètres cubes pour les besoins industriels.

Malgré le fait que la consommation ne représente que 21 % de la recharge annuelle, les tensions se voient de plus en plus en ce qui concerne les agriculteurs, pour lesquels l’eau est la matière première principale pour leurs cultures. Cela s’explique par une répartition non égalitaire de l’eau sur le territoire et par la difficulté d’atteindre certaines nappes phréatiques.

Les solutions pour réguler cette gestion de l’eau

La commission du développement durable et de l’aménagement du territoire sur la gestion des conflits d’usage en situation de pénurie d’eau a livré un rapport à l’assemblée nationale, indiquant leurs propositions pour réguler et faire face durablement aux sécheresses que l’on connaît maintenant chaque année. La mission d’information propose 25 recommandations portant sur :

Consommer autrement et récompenser les bons élèves

Le rapport met en avant l’urgence première qui est de sortir du modèle agricole industriel. Selon le président de la commission, au niveau de l’agriculture, il convient de faire de nouveaux choix de cultures, de leur saisonnalité ou de leur répartition géographique, choix de réduction et/ou de sélection des cheptels. « Tout doit être revu ».

En plus d’un accompagnement fort de la part de l’État, la commission souhaite rémunérer les agriculteurs qui font des efforts en terme de réduction de leur consommation. Parallèlement, la proposition d’instaurer la gratuité sur les premiers mètres cubes d’eau vitaux, puis de faire payer les usages de façon progressive est avancée.

Ralentir la vitesse de l’eau et mieux surveiller la ressource

Selon la commission, afin de limiter la raréfaction de l’eau, il faut rendre nos villes à nouveau perméables pour permettre l’infiltration, reconquérir de larges surfaces de zones humides, reboiser massivement et replanter des milliers de kilomètres de haies : en peu de mots, restaurer le cycle de l’eau.  

Réguler les conflits pour mieux partager

Il ne faut pas attendre que la situation se dégrade pour réfléchir et créer des règles pour réguler l’eau et mieux la partager sur tout le territoire. La commission préconise par exemple d’acter un réel rééquilibrage au sein des instances de gouvernance de l’eau, tels que les comités de bassin. Selon le président de la commission, éviter une guerre de l’eau passera par une régulation des conflits plus efficace.

Les actions individuelles à mettre en place dès maintenant

Un robinet ouvert pendant une minute, c’est 1,5 litre d’eau perdu. Entre la cuisine, l’hygiène, le nettoyage ou encore la vaisselle, un Français utilise en moyenne 200 litres d’eau par jour, soit 0,2 m3. En France, le prix moyen du mètre cube d’eau est de 3,92 euros. En attendant que les propositions de la commission soient mises en place, et pour participer activement à l’enjeu majeur qui est de mieux consommer notre eau, voici 3 actions à mettre en place au niveau individuel :

  1. Prendre une douche plutôt qu’un bain : réduction de 40 litres / douches (60 litres pour une douche vs 100 litres pour un bain)
  2. Mettre en place un aérateur d’eau au niveau des robinets : réduction de 50 % de la consommation de l’eau via les robinets
  3. Réduire la consommation de vos toilettes en mettant une bouteille dans votre chasse d’eau : réduction de 5 000 litres / an / personne

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