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Peut-on imaginer un tourisme écologique ?

Quelques chiffres pour commencer

Rien ne vaut quelques chiffres pour faire l’état des lieux du tourisme dans le monde et en France.

  • Aujourd’hui, le tourisme est le troisième secteur économique mondial, après la chimie et les carburants, mais devant l’industrie alimentaire et automobile. Il équivaut à 10 % du produit intérieur brut (PIB) mondial et emploie 313 millions de personnes à travers le monde ;
  • Il y a eu 1,5 milliards de touristes dans le monde en 2018, une progression de 5 %, soit une augmentation équivalente à la population de la France ;
  • La France est le pays le plus visité au monde, avec plus de 89 millions de touristes internationaux en 2018 ;
  • 60 % des touristes arrivent dans leur pays de destination en avion. Entre 2000 et 2018, la part du transport aérien dans les arrivées est passée de 46 % à 58 % ;
  • Un trajet France – États-Unis émet 50 % du CO²/hab/an produit par les autres sources (chauffage, éclairage, transports quotidiens et locaux…) ;
  • Entre 2009 et 2013, l’empreinte carbone globale du tourisme a considérablement augmenté, passant de 3,9 à 4,5 gigatonnes (milliards de tonnes) d’équivalent gaz carbonique, quatre fois plus que ce qui avait été précédemment estimé. Le secteur du tourisme représente à lui seul 8 % des émissions de gaz à effet de serre ;
  • Selon un sondage Protourisme, 27,1 % des personnes interrogées déclarent avoir modifié leur comportement.

Ces chiffres montrent l’ampleur et l’incidence du tourisme sur l’économie et sur nos habitudes de vie. La progression de ce secteur dépassant presque tous les autres, il a donc un fort impact sur l’environnement.

L’impact du tourisme sur l’environnement

Les impacts du tourisme sur la nature sont visibles à plusieurs endroits et obligent les autorités à changer la façon dont elles accueillent le public. Le tourisme de masse est le principal responsable de la détérioration de notre planète, le prix des vols et des séjours étant de plus en plus faibles grâce au système de low cost, qui privilégie souvent le business au détriment des populations locales et de l’écologie.

Personnellement, j’ai calculé mon émission de CO²… le fait que j’ai voyagé une fois dans l’année en avion fait passer mon besoin de ressource d’1,2 planètes à 3 planètes ! D’un point vue individuel, l’avion a le plus gros impact sur l’environnement à cause des émissions de gaz à effet de serre. Cette pollution induit notamment la montée des eaux et l’inondation de milliers d’îles en Asie, mais aussi en Europe, à l’image de Venise.

L’attractivité des milieux riches en biodiversité pose également problème, car ces milieux sont les plus sensibles aux impacts, notamment en raison de l’urbanisation touristique. Les récifs coralliens et les écosystèmes très fragiles sont les victimes de la sur-construction et de la sur-fréquentation des zones littorales. Le piétinement excessif en dehors des sentiers balisés provoque des dégradations réelles de la végétation et de la qualité des sols.

Les exodes massifs durant les périodes de vacances entraînent logiquement un déplacement de la pollution vers des pays généralement moins développés. Les Français visitant un pays d’Afrique ou d’Asie, consomment autant que chez eux, alors que les réseaux d’égouts ou encore de recyclages ne sont pas du tout aussi performants. On se retrouve alors avec des plages et des sites touristiques envahis de déchets. Selon un rapport de l’association WWF, en mer Méditerranée, 52 % des détritus seraient liés au tourisme balnéaire.

Je vais m’arrêter là, car nous pourrions également parler de la consommation de l’eau des piscines et autres golfs dans des pays désertiques, ou encore de la déforestation pour construire les complexes hôteliers.

Quelles solutions pour un tourisme vert ?

Ok, si je comprends bien, pour respecter la planète, il ne faut plus du tout voyager ? C’est un peu ça. On a la chance d’être en France où, dans le même pays, on peut se baigner dans la Méditerranée, escalader le plus haut sommet de l’Europe, ou encore visiter des châteaux datant de plus de 700 ans.

Si malgré cela, l’envie de voyager et de découvrir le monde continue, il y a des règles strictes à respecter et des choix à faire.

Moyen de transport

Évitez au maximum de prendre l’avion et profitez des autres moyens de transport qui font également partie des vacances. Si vous voyagez en Europe, privilégiez le train qui aujourd’hui, vous permet avec un seul billet, de visiter 33 pays.

Logez et mangez local

C’est le meilleur moyen de voyager écologiquement et de profiter des infrastructures locales. Ne séjournez plus dans les « Club Med » qui vous coucounent comme chez vous, alors que la réalité est toute autre. Faites en sorte que votre argent aille directement aux locaux pour qu’ils puissent s’adapter à ce tourisme de masse où toute une infrastructure est nécessaire.

Privilégiez les labels

Lors de vos réservations d’hôtels ou d’activités durant vos vacances, privilégiez les labels de tourisme responsable. Plus de 30 labels existent aujourd’hui avec chacun leurs spécificités.

Instaurer des quotas

Une des solutions mises en avant par les autorités sont les quotas. Pour lutter contre le tourisme de masse, les villes ou pays établissent des quotas de nombre de visiteurs par jour. On peut citer les îles Galapagos, le Machu Picchu ou Dubrovnik, qui limitent leurs touristes à 8000 par jour dans la ville fortifiée.

Taxer les touristes

D’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande ou le Bouthan, ont décidé d’instaurer une taxe pour limiter le nombre de touristes. À Venise, la ville souhaite mettre en place une taxe entre 3 et 10 euros par touriste dormant dans la ville.

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