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Le recyclage : solution réellement efficace ?

État des lieux du recyclage

Selon un récent rapport de l’ONU, 9 % des neuf milliards de tonnes de plastique que le monde a produit ont été recyclées. On constate cependant de fortes disparités entre les pays avec un taux de 31 % pour l’Europe et de 10 % pour les États-Unis. 

Aujourd’hui, plus de 99 % des Français ont accès au tri. Les ménages et les entreprises font de plus en plus attention au tri et tout le monde connaît les poubelles vertes et jaunes. Le taux de recyclage atteint désormais 68 % pour les emballages (vs 18 % il y a 25 ans) et 57,6 % pour les papiers ménagers. Les objectifs fixés pour 2022 sont de 75 % pour les emballages et 65 % pour les papiers.

Mais il faut savoir qu’il y a de fortes différences en terme de recyclage selon les produits. Là où le verre peut se recycler à 100 % et à l’infini, le plastique lui, a une limite de 3 ou 4 recyclages. De plus, seules deux sortes de plastiques sont recyclées après avoir été triées : le PET (bouteilles transparentes ou colorées) et le PeHD (les bouteilles opaques, lessives ou lait). Les PVC, ou sacs en plastique ne le sont pas, car le coût de traitement est trop élevé. Ces plastiques sont brûlés dans des incinérateurs pour la valorisation énergétique qu’ils produisent, mais ce procédé est polluant.

Autrement dit, les objectifs fixés par la France d’atteindre les 100 % de plastiques recyclés sont impossibles à tenir car les plastiques ne se recyclent pas à l’infini.

Un recyclage à 2 visages

Il faut également savoir que dans les pays occidentaux, les usines de traitement des déchets pour le recyclage sont débordées et coûtent cher. En France, les matières premières les moins chères ne sont pas “rentables” à recycler. C’est pourquoi, chaque année, et depuis plusieurs années, près d’un million de tonnes de déchets de tous types sont expédiés par la France vers les pays d’Asie du Sud Est.

C’était un échange gagnant-gagnant. Les pays occidentaux ne pouvaient pas gérer leur quantité de déchet et les coûts étaient trop élevés pour les recycler, alors que les pays en développement avaient besoin de ce plastique pour élaborer et fabriquer toutes sortes de produits dans leurs usines qu’ils vont ensuite exporter aux produits occidentaux.

En mai 2019, la Malaisie, principal pays importateur de déchets, a décidé de dire stop. De plus, depuis 2016, la Chine a également baissé ses importations, passant de 600 000 tonnes par mois à 30 000 tonnes en 2018, puis finit par bannir un certain nombre de déchets difficilement ou non recyclables.

Ce recyclage à l’autre bout de la planète est littéralement une délocalisation des problèmes environnementaux. Les déchets ne sont pas traités comme il le faudrait, par des personnes qui ne connaissent pas les risques qu’ils prennent. Les habitants de ces pays d’Asie sont très fortement touchés par nos déchets et cela engendre de graves problèmes de société et de santé.

Aujourd’hui, le recyclage n’est pas viable d’un point de vue économique


Bien évidemment, cette crise sanitaire engendre des répercussions sur les pays développés. En Europe, les filières de recyclage se transforment et investissent massivement pour prendre en charge toujours plus de déchets. En Allemagne, les prix des emballages vont sensiblement augmenter pour compenser la baisse des exportations. “L’Allemagne a déjà le système de traitement des déchets le plus coûteux du monde. Maintenant, ça va être encore plus cher”, a indiqué Eckhard Heuser, directeur de la Fédération de l’industrie du lait, au journal Le Monde.

Aux États-Unis, les frais de recyclage ont explosé et des centaines de municipalités ont tout simplement arrêté de recycler leurs déchets. La ville de Deltona en Floride, 90 000 habitants, a récemment suspendu son programme de recyclage municipal.

De plus, la baisse du prix du baril de pétrole fait automatiquement baisser le prix du plastique et détériore l’équation de la rentabilité du recyclage. Pourquoi, dans un système uniquement basé sur la croissance économique, une entreprise souhaiterait-elle payer plus pour un produit recyclé ?

Les actions efficaces à mettre en place pour réduire les déchets

Le constat est très noir et la simple augmentation des cadences des usines de recyclage ne suffira pas car les industriels estiment que la production de plastique augmentera de 40 % dans les prochaines années. Il ne faut donc pas trouver des solutions pour recycler ces déchets mais des solutions pour empêcher leur production.

Moins consommer et mieux

Le premier réflexe pour atteindre les objectifs de transition écologique est de réduire sa consommation. Concrètement, il faut prolonger la vie de ces appareils et ne plus offrir une dizaine de cadeaux à chaque fête. Privilégier les produits d’occasion qui permettent de ne pas produire du neuf et de recycler en donnant une nouvelle vie aux produits usagés.

Interdire l’usage des plastiques à usage unique

À partir de 2021, tous les plastiques à usage uniques seront bannis de l’Union Européenne. Vous ne pourrez plus acheter de cotons tiges, assiettes et autres pailles en plastique. Cette interdiction des “petits déchets” a également un intérêt dans la sensibilisation aux enjeux de la transition écologique.

Obliger les industriels à changer

L’état a le pouvoir et le devoir de faire changer les mentalités des citoyens et de transformer les entreprises en profondeur. Les industriels doivent évoluer et trouver de nouveaux emballages non polluants. Aujourd’hui, les bioplastiques ne pèsent que 0,75 % de la production du plastique dans le monde. Une des pistes serait le retour à la consigne comme le fait le site Loop.

Sans changement rapide et en profondeur des entreprises, on ne pourra pas résoudre les problèmes des déchets.

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