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Les petits gestes servent-ils à quelque chose

Face au besoin d’action rapide et efficace, la responsabilité des consommateurs et l’écocitoyenneté sont souvent le premier constituant du discours médiatique. Chacun est mis à contribution pour respecter l’objectif des +2 degrés et toutes les associations mettent en avant les actions que l’on peut faire. Mais, est-ce que 65 millions de petits gestes peuvent résoudre le problème dans un monde globalisé et industriel ?

Particuliers ou professionnels : qui pollue le plus ?

Avant de pouvoir répondre à la question, il est important de se rappeler qui sont les pollueurs et qu’est-ce que l’on appelle pollution. Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal gaz à effet de serre, mais pas le seul. Pour mesurer l’effet des différents polluants (méthane, dioxyde d’azote…), les spécialistes calculent un pouvoir de réchauffement global en « équivalent CO2 ». C’est cette méthodologie que le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa) utilise pour étudier les émissions françaises dans son rapport Secten. Ces chiffres ne prennent pas en compte les importations et sont calculés uniquement pour la France.

  1. Les transports : 29,7 % (dont 53 % pour les voitures des particuliers, 21 % pour les camions et 19 % pour les véhicules utilitaires)
  2. L’industrie et le secteur tertiaire : 25,8 %
  3. L’agriculture : 18,9 % (dont 48 % pour l’élevage)
  4. Activité domestique : 11,7 % (chauffage, peinture …)
  5. Énergie : 10,9 %
  6. Déchet : 3 %

Au regard de ces chiffres, il est difficile de dire si ce sont les particuliers ou les entreprises qui polluent le plus. Ce qui est certain, c’est qu’il serait impossible d’atteindre un équilibre carbone si l’un ou l’autre ne prenait aucune mesure pour réduire sa consommation et son rejet de CO2.

Au niveau des pays, la France pèse 1 % des émissions de CO2 et 1 % de la population mondiale. Nous sommes donc des pollueurs « moyens ». Ce chiffre est à prendre avec du recul car on importe beaucoup de produits, et si tous les habitants de la planète vivaient comme un Français, il faudrait 3 planètes pour produire les ressources nécessaires.

Petits gestes ou changement de mode de vie ?

Oui, il faut entreprendre des actions en tant que particulier, mais peut-on vraiment parler de petits gestes vis-à-vis de l’ampleur de la situation ? En effet, ce n’est pas éteindre la lumière quand on quitte une pièce qui va permettre de réduire drastiquement sa pollution. Évidemment, il est important de faire ces gestes, mais il est primordial que ces gestes deviennent des habitudes pérennes, que l’on soit à la maison, mais aussi au travail ou en vacances.

L’empreinte carbone moyenne des Français, qui s’élevait à 10,8 tonnes de CO2 en 2017, doit baisser d’environ 80 % d’ici 2050 pour parvenir aux 2 tonnes de CO2 pour respecter les objectifs fixés par la COP21. Selon une étude réalisée par l’agence Carbone4, il en ressort qu’un individu faisant une dizaine d’actions efficaces verrait son empreinte carbone baisser de 25 %.

L’impact de l’action individuelle est loin d’être négligeable – à condition de ne pas se cantonner à des actions symboliques et marginales. Mais force est de constater que même un comportement « héroïque » généralisé ne peut permettre une baisse suffisante pour respecter l’objectif +2 degrés de l’Accord de Paris, laquelle demande de faire disparaître 80 % des émissions.

Quelles sont les actions les plus efficaces ?

Changer votre mode de transport (et vivre en ville)

Pour un particulier, la première source de pollution est la voiture. Il faut donc réduire son utilisation au strict minimum. Changez vos habitudes en vous déplaçant, quand cela est possible, avec les transports en commun ou en vélo. Saviez-vous que prendre le vélo en ville représente le moyen de transport le plus rapide ? 15 à 16 km/h, contre par exemple seulement 14 km/h pour la voiture. De plus, une prime de 50 € est versée par l’état pour réparer votre vélo.

Rénover votre logement

Depuis maintenant plusieurs années, les nouvelles constructions respectent des normes écologiques en matière d’isolation, mais la France compte encore sept millions de «passoires thermiques». De nombreuses aides existent pour vous aider à rénover énergétiquement votre logement en passant par des crédits d’impôts. Il ne faut pas oublier que même si vous habitez dans un logement respectant les dernières normes, il faut rester responsable dans l’utilisation de votre chauffage.

Réduire sa consommation de viande et de produits laitiers

L’élevage bovin est la première source de pollution dans l’agriculture. En effet, il faut énormément d’eau et d’espace pour cultiver les aliments servant à nourrir les animaux. C’est l’agneau et le bœuf qui sont les plus gros pollueurs. Changer son régime alimentaire est très efficace. Vous n’aurez aucune carence en devenant végétarien.

Réduire ses achats

L’une des actions (et pour moi l’une des plus difficiles), c’est d’arrêter d’acheter. Vous avez sûrement entendu cette citation de Kenneth E. Boulding : « Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ». Les consommateurs ont un rôle à jouer dans la réduction du CO2 en consommant mieux, plus local mais surtout moins. Il faut faire ces gestes et changer ses habitudes au quotidien, mais il ne faut pas se limiter aux actions individuelles pour accéder à un niveau collectif. Seules des actions impliquant les particuliers, les professionnels, les industries et un changement de notre mode de vie et du système centré sur la croissance peut faire changer les choses.

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