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La transition écologique peut-elle se faire dans une démocratie

On le sait toutes et tous, nous sommes à un moment crucial pour l’avenir de la planète. Il faut bousculer et changer totalement notre mode de vie pour entrevoir la lumière au bout du tunnel. Est-ce que notre régime démocratique actuel, dans lequel chaque décision doit faire l’objet de plusieurs mois ou années de débat, et où l’on doit faire des compromis pour satisfaire le plus grand nombre, est le bon pour que l’on soit enfin sur la bonne voie ?

Des changements cruciaux pour les particuliers et les entreprises


Depuis la COP21, l’objectif est clair. Celui-ci est également fixé à une hausse des températures maximum depuis l’âge industriel à +2 degrés à horizon 2050. Pour atteindre cet objectif, comme nous l’avons vu dans une newsletter précédente, il faut baisser les émissions de gaz à effet de serre de 80 %. Mais force est de constater que même si un Français agissait au quotidien pour réduire ses émissions de CO², nous n’atteindrions qu’autour de 25 % de baisse au lieu des 80 % attendus (étude de Carbone4).

En résumé, si nous avons effectivement un objectif clairement défini, nous n’avons pas d’actions précises à mettre en place pour l’atteindre. Néanmoins, plusieurs pistes existent, comme changer d’indicateur économique, c’est-à-dire de ne plus se fier uniquement à la croissance du PIB, ou mettre en place des actions concrètes, comme instaurer des quotas sur le nombre de voyages en avion ou encore sur les importations. Dans cette transition écologique, c’est l’état qui a le plus grand rôle à jouer.

Ces changements auront donc de fortes conséquences sur la croissance des entreprises et la liberté des particuliers, qui ne pourront plus par exemple voyager comme ils le souhaiteraient. Est-ce que l’on voterait pour un référendum ou un parti politique qui, dans son programme, souhaitait changer notre mode de vie d’occidentaux ?
 

Vers une évolution des mœurs 


Les sondages sont tous d’accord : les Français se disent de plus en plus préoccupés et intéressés par les changements climatiques. C’est une tendance de fond où aujourd’hui, propulsée par les jeunes, toutes les générations se disent inquiètes pour notre avenir et une majorité sont prêts (au moins sur le papier) à changer.

Selon un sondage Harris Interactive, 72 % des sondés assurent s’être « davantage intéressés aux enjeux écologiques et avoir modifié leurs comportements dans ce sens ». Ce chiffre monte à 89 % dans la tranche 18-24 ans. Sur les changements de comportement, 53 % affirment être prêts à « ne plus utiliser de véhicules individuels » et 65 % à « ne plus prendre l’avion ». Enfin, 82 % sont prêts à « consommer moins de viande », 95 % à « se passer des objets en plastique à usage unique » et 97 % à « trier leurs déchets ».

Oui, mais faut pas toucher à mon porte-monnaie

Autrement dit, si on prend ces chiffres tels quels, les Français sont prêt à changer leur comportement en profondeur pour répondre aux objectifs. Il manquerait une question à ce sondage pour être certain de l’issue du vote : seriez-vous prêt à voir votre pouvoir d’achat baisser en faveur de la transition écologique ? Comme premier élément de réponse, on peut citer les 2 éléments liés à des taxes sur les transports.

Écotaxe

L’écotaxe est une taxe qui s’applique en vertu du principe pollueur-payeur aux actions générant des dommages environnementaux, pour contribuer à les limiter et/ou à en atténuer ou réparer certains effets. Une écotaxe sur les poids lourds avait été votée en France en 2013. Vous vous souvenez peut-être des manifestations des “bonnets rouges” qui avaient réussi à annuler cette taxe.

Taxe carbone

C’est la taxe carbone sur le prix de l’essence qui a fait rager les français avec la création des “gilets jaunes”. Cette taxe, qui devait augmenter en plusieurs fois, a été largement modifiée suite aux nombreux samedis de manifestation.

Démocratie ou autoritarisme ?

Un régime autoritaire permettrait d’aller beaucoup plus vite et devant l’urgence climatique, il est tentant d’envisager cette solution. Mais il est préférable de travailler en profondeur et d’aider les citoyens à réfléchir sur leurs actes afin de changer. De plus, changer de régime ne nous permettrait pas de savoir comment les individus vont réagir et cela pourrait avoir un effet contraire à celui souhaité.

Le chemin vers une transition écologique démocratique est beaucoup plus long et laborieux, mais c’est un chemin qui va permettre d’instaurer des changements durables. Pour cela, l’état, afin de pouvoir faire accepter ces changements aux citoyens, doit faire face à 4 enjeux majeurs :

Éduquer et partager

La capacité d’appropriation des citoyens sur ces problématiques écologiques est un enjeu majeur. Il faut partager et sensibiliser à la situation actuelle et sur les risques à venir. Pause Verte et les médias écologiques remplissent un rôle dans cet enjeu en permettant à tout le monde de comprendre et de mettre en place les actions les plus efficaces.

Impliquer les citoyens

L’enjeu de réussir à impliquer les citoyens en les faisant participer via des initiatives citoyennes a mis en lumière le fait que le fonctionnement des politiques publiques actuelles doit changer, pour passer de formes classiques de concertation à des formes innovantes d’implication des citoyens et de dialogue environnemental.

Penser local et national

Il faut impliquer de façon locale pour garder en tête l’objectif national. L’efficacité des multiples initiatives locales, forcément dispersées et inégales sur les territoires, implique de favoriser leur articulation à l’échelle des territoires et d’évaluer leur portée à une échelle plus large.

Justice écologique

L’exemple de la taxe carbone avec les gilets jaunes met en évidence le besoin d’une justice écologique pour éviter que les impacts de la transition écologique ne touchent pas que les personnes modestes. Il est important de chacun fasse sa part de changement de façon équitable pour une adoption rapide des changements.


En conclusion, la transition écologique ne peut se faire qu’à la condition que le politique ne priorise pas les sujets économiques versus les questions environnementales. L’état doit être ferme et mettre en place un maximum de mesures pour encourager les changements et limiter les abus. Il faudra à un moment donné réduire les avantages acquis pour assurer un monde meilleur aux générations futures.

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