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La data : sauveur ou destructeur de la planète

Big Data, IA, Analytics sont au cœur de toutes les stratégies des entreprises. De plus en plus de données sont collectées et les chantiers data se multiplient sans penser aux coûts énergétiques de ces derniers. Cependant, les modèles et outils créés nous permettront peut-être de mieux comprendre notre planète et donc de réduire notre impact écologique. La Data sauvera-t-elle la terre ou, au contraire, sera-t-elle l’une des principales causes de son déclin ? Peut-on voir la data comme une solution majeure de la transition écologique ? 

On n’arrête plus la collecte des données

On le sait désormais, les données que nous créons et transmettons quotidiennement ont un impact majeur sur notre écosystème. Chaque vidéo vue sur YouTube ou Netflix, chaque déplacement de souris sur les sites ou encore chaque rangée terminée dans Candy Crush sont sauvegardés et archivés sur plusieurs Data Centers pour éviter d’éventuelles pertes.

La célèbre vidéo la plus regardée sur YouTube, Gangnam Style, a été visionnée 3,4 milliards de fois et a consommé en électricité l’équivalent d’une centrale électrique. Chaque seconde, ce sont 29 000 Giga-octets qui sont collectés et stockés dans les Data Centers. Un autre chiffre montrant le phénomène : 90 % des données collectées depuis le début l’ont été sur les trois dernières années. 

L’impact des données sur l’écologie est colossal

Toutes ces données sont stockées dans les Data Centers. Ces centres de serveurs stockent, archivent et mettent les données à disposition des utilisateurs. En 2019, le site danois www.datacentermap.com recense 4 438 centres de traitement de données répartis dans 122 pays dans le monde, dont 149 en France. Chaque donnée est répliquée plusieurs fois en cas de panne d’un serveur.

Plusieurs chiffres circulent en fonction des articles, mais prenons celui de RTE qui estime la consommation électrique des Data Centers à 4 % de la consommation mondiale. La climatisation étant responsable de 40 % à 50 % de cette consommation. En effet, il est essentiel de garder les serveurs à une température d’environ 25 degrés. Aujourd’hui, les Data Centers représentent à eux seuls 17 % de l’empreinte carbone de la technologie. Avec 2 % des émissions totales de gaz à effet de serre, leur empreinte carbone est similaire à celle de l’aviation. Et, d’ici 2040, le stockage de données pourrait représenter 14 % des émissions, soit autant que les États-Unis aujourd’hui.

Dans le calcul de l’impact écologique des Data Centers, il faut comptabiliser la consommation électrique – qui provient encore très peu d’une production décarbonée comme l’énergie renouvelable ou le nucléaire -, l’eau utilisée pour les climatiseurs et la production matérielle des serveurs avec, notamment, l’exploitation de mines dans les pays d’Afrique. 

Rassurez-vous, il existe des solutions pour réduire l’impact des données

C’est bien de faire le bilan écologique de la data, mais encore faut-il émettre des solutions pour nous améliorer. Je vous propose six solutions à mettre en place dans votre entreprise ou chez vous.  

Réduire le volume de données collectées

La première solution est assez simple. Comme le problème vient principalement du stockage des données, il faut donc en réduire au strict minimum la collecte. Le RGPD va également dans ce sens et nous permet de nous poser sur les données les plus importantes dans nos études et traitements. En s’appuyant sur les travaux RGPD, on peut donc les identifier et réduire notre empreinte carbone.

Chaque data collectée doit être pertinente pour le business, mais aussi au regard de l’écologie. Est-ce vraiment utile de tout suivre sur mon site ou simplement ses actions clés ? Dans ce contexte, on ne peut plus vraiment travailler avec un « je collecte tout, car on ne sait jamais ». Il faut prendre le temps de définir ses objectifs et de collecter uniquement les informations nécessaires au suivi de ces KPIs. 

Limiter le stockage des données

Est-il vraiment utile de conserver durant des années des données sur un client qui ne l’est plus ou des données de navigation d’un site qui a déjà été refondu trois fois ? Il faut limiter au maximum la durée de conservation. Je parle également des emails qui traînent au fond des boîtes mail, que l’on oublie, mais qui continuent à consommer de l’énergie et à polluer.

On pourrait mettre en place une journée tous les six mois pour faire le tri dans ces emails, comme certaines entreprises le font pour les papiers.Travailler en local Cela va à l’encontre des nouvelles stratégies des entreprises qui se disent 100 % Cloud et du travail collaboratif, mais il est préférable, d’un point de vue écologique, de travailler sur des données en local plutôt que d’aller appeler un Data Center.

Le Cloud est invisible, mais il contribue à détruire notre belle planète bleue. On peut par exemple s’intéresser au Edge Computing. Grâce à cette technique, les données d’un appareil sont traitées directement sur celui-ci au lieu d’être envoyées automatiquement vers un serveur central, plus friand en énergie. 

Réduire l’impact des Data Centers

Les Data Centers se mettent de plus en plus à fonctionner autrement en utilisant moins de ressources. Les systèmes de refroidissement s’améliorent avec, par exemple, Google qui utilise des solutions de refroidissement par évaporation hautement efficaces, ainsi que des contrôles de la température intelligente.

De nombreuses initiatives sont lancées, notamment par les GAFA, pour avoir les Data Centers les plus verts.Utiliser les sources de chaleur des Data Centers Ensuite, la chaleur produite par ces centrales peut être récupérée et distribuée pour alimenter en électricité et chauffage les villes aux alentours. On peut citer OVH ou DigiPlex qui permet de chauffer 5 000 appartements. Du côté des start-up, Qarnot Computing propose de délocaliser des serveurs chez des particuliers en lieu et place de radiateurs. En 2017, c’était plus de 700 radiateurs chez des particuliers. 

Stockage des données sur de l’ADN

C’est encore de la science-fiction, mais Microsoft travaille déjà sur le sujet et des chercheurs de l’École Polytechnique de Zurich ont réussi à transférer l’intégralité d’un album de Massive Attack sur des brins ADN.

Il faut par conséquent repenser notre consommation de données et intégrer de nouvelles stratégies dans les entreprises pour une collecte et une utilisation écologiquement plus saine. Je reviendrais lors d’un prochain article sur la notion de S-ROI (Sustainable Return On Investment) pour savoir si un projet data est écologiquement viable ou non. 

Utilisation de la donnée pour l’écologie

Après avoir vu le bilan carbone des données et comment le réduire, on peut se poser la question : est-ce que les données collectées ne peuvent pas servir à améliorer notre impact écologique ? La réponse est bien évidemment oui et en voici trois exemples. 

Les Smarts Cities

 Les villes et immeubles deviennent de plus en plus intelligents. Grâce aux données collectées par les différents capteurs et aux algorithmes, on arrive à mieux prédire la consommation et à savoir comment la réguler en fonction de l’environnement.

Les données météo mises à disposition par The Weather Company permettent à IBM d’améliorer la consommation des immeubles. Quantmetry, en analysant les passants parisiens dans le 13e arrondissement, permit d’adapter l’éclairage public.

Les villes se mettent également de plus en plus à l’open data qui permet de laisser libre cours à l’imagination et la réalisation de nouveaux dispositifs permettant de réduire notre impact sur l’environnement. 

La mobilité verte

Les données collectées permettent de mieux comprendre les flux de voitures et livraisons de colis. Cela permettra de mieux estimer les pics de pollution et d’optimiser les transports.

Une initiative pilotée par la Poste, l’expertise en génie civil de la Setec et la start-up ColisWeb, met en avant plusieurs scénarios autour de la modification du schéma de circulation, le déploiement renforcé de véhicules non polluants (vélos, véhicules électriques…). Ce programme vise à élaborer le compromis équilibré entre pollution, temps en congestion et coût. L’augmentation de la voiture autonome va également réduire l’impact du transport routier dans l’émission de CO2 en limitant la vitesse et les bouchons. 

L’agriculture

 L’utilisation de la data dans l’agriculture n’est plus à démontrer. C’est l’un des secteurs qui a le plus progressé grâce à l’augmentation de capteurs. L’analyse de la météo et des sols permet d’améliorer les systèmes d’arrosage ou encore la quantité des pesticides. L’utilisation de drones réduit également la consommation de produits chimiques en appliquant uniquement aux endroits précis la quantité suffisante.

Pour la conclusion de cet article et comme l’indique celui de Libération, il est très compliqué de dire que la data va nous sauver du déclin écologique. Par contre, chacun de nous peut travailler à améliorer notre consommation de cette donnée et faire en sorte de réduire l’impact des Data Centers.

J’espère que cet article ne vous a pas déprimé, mais qu’au contraire, il vous a donné envie de voir la data autrement et d’être motivé pour allier votre conscience écologique quotidienne aux stratégies de vos entreprises. 

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