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Compensation carbone : bonne conscience ou réelle efficacité ?

Les grandes marques brillent toutes en indiquant une neutralité carbone et une compensation de chaque gramme de CO² émis. En ce début année 2020, Air France a ainsi indiqué que l’intégralité des vols domestiques seraient compensés. Mais que vaut cette compensation sans baisse réelle de la production de CO² ? Est-ce du green washing ou est-ce un mécanisme efficace pour la transition écologique ?

La compensation carbone, c’est quoi ? 

La compensation carbone est apparue à la fin des années 1980 dans le but de réduire le phénomène de gaz à effet de serre. Le but est de financer des projets absorbant ces gaz comme la plantation d’arbres ou la restauration de corail. Pour qu’une démarche de compensation carbone soit efficace, elle doit respecter ces 4 conditions :

  • Elle doit être additionnelle, c’est-à-dire que le projet n’aurait pas pu voir le jour sans ce financement. Ce dernier lui permet de dépasser des obstacles, qu’ils soient financiers, institutionnels, culturels ou sociaux.
  • Il faut pouvoir mesurer la quantité de CO² évitée et que cette économie soit permanente. C’est notamment le problème que l’on a avec les projets de plantation de forêts : on ne peut pas garantir qu’elle ne sera pas détruite d’ici quelques années.
  • Il faut pouvoir vérifier que les émissions ont bien été évitées ou capturées.
  • Enfin, il faut garantir l’unicité des crédits carbone délivrés par cette compensation : deux entités ne peuvent pas compenser leurs émissions de carbone avec une même action.

Le marché de la compensation carbone

Il existe deux marchés de la compensation carbone, un pour les états et un marché ouvert à tous. La compensation qui engage les états est lié au protocole de Kyoto qui donne droit à des crédits carbone. Ces crédits permettent aux états de polluer jusqu’à un certain seuil. Au-delà de ce seuil, les états doivent payer pour polluer davantage.

Le second marché est la compensation volontaire par tous les acteurs, dont les particuliers. C’est un marché non régulé dans lequel les associations et les entreprises sont libres de proposer leurs activités. Le problème est donc que les projets ne sont pas égaux dans la compensation. Désormais, des labels existent pour certifier l’utilité des projets et leur impact sur la planète. On peut ainsi citer le Voluntary Gold Standard, créé par WWF en 2006, et le Verified Carbon Standard.

Les prix de la compensation sont également libres, allant de quelques dizaines de centimes à plusieurs euros pour planter un arbre. En tant que particulier, il est très difficile de faire le tri parmi les centaines d’offres de compensation carbone.

Une compensation mais pas une baisse de la pollution

Le problème majeur de la compensation est de fermer les yeux sur le problème structurel, qui est la hausse constante des émissions de gaz à effet de serres comme le CO². Compenser le CO² ne signifie pas le réduire.

De plus, selon une étude effectuée par le Oko-Institute, qui a permis de passer en revue 5655 projets, parmi ceux-ci, 85 % avaient une faible probabilité de remplir les conditions d’additionnalité et d’absorption et seuls 2 % remplissaient toutes les conditions requises. Il est donc important de réguler ce marché qui aujourd’hui, est composé à 90 % de sociétés à but lucratif.

Le problème au niveau de la plantation des arbres est que le niveau de compensation cible vanté par les organismes ne peut être totalement atteint que plusieurs années après la plantation. Il y a donc un décalage entre les promesses, la réalité et les émissions de CO² qui se produisent massivement aujourd’hui.

Un autre élément est le fait que les projets ne se situent pas dans les pays pollueurs. Cela peut être un point positif pour les économies locales, mais on délocalise les compensations pour ne pas à avoir à changer nos modes de vie.

Un dispositif à 3 étapes pour une réelle efficacité

Pour chaque particulier ou entreprise, il faut suivre un processus en 3 étapes pour entrer réellement dans la transition écologique. L’application Greenly permet de suivre facilement ces 3 étapes en connectant l’application à son compte bancaire pour pouvoir suivre ses actions écologiques.

  1. Je calcule mon empreinte carbone : pour réduire efficacement votre empreinte carbone, faites un bilan annuel ou ponctuel de vos émissions et renseignez-vous sur leurs évolutions. Ce bilan est essentiel pour comprendre les actions à mettre en place. Un particulier pourra estimer son émission de CO² en fonction de son alimentation et de ses transports.
  2. Je réduis mes émissions carbone : de nombreuses actions vous permettent d’améliorer votre bilan carbone. Comme on a pu le voir dans la newsletter de la semaine précédente, certains gestes du quotidien doivent être effectués en plus des changements de modes de vie structurels pour un résultat rapide et efficace.
  3. Je compense et aide les familles vulnérables : vous pouvez compenser la part résiduelle de carbone. Certaines émissions ne peuvent pas être réduites et doivent donc être compensées. L’objectif est également d’aider les familles des pays en développement à accéder à une énergie renouvelable et gratuite qui améliore leurs conditions de vie, ou en participant à l’amélioration de la gestion des déchets dans les grandes villes africaines.

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